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Baléares

 

contribution de Olivier PEYRE, olivierpeyre@hotmail.com, "Re: Gaviota de Audouin (Larus audouinii)", 07 Nov 2000

à noter aussi la Fauvette sarde sur Cabrera,
Je m'y suis rendu quelques heures en 94, je crois que le seul mamifère (tout au moins carnivore ) est la genette qui a été introduite, et qui est naturalisée!
il y a aussi un petit lézard endémique (une forme du lézard des Baléares, je ne connais pas exactement sa place dans la systématique) si je me souviens bien, très foncé et très facile à observer.
Très bien visible en faisant le tours de l'ile en bateau: Faucon d'Eléonore et Pèlerin, aires de Balbu, Puffin des Baléares (évidemment!), puffin cendré , et en particulier quelques goéland d'Audouin venant manger les bouts de pain lancés par les touristes...
Quelqu'un connais t'il l'îlot de Cabrera, qui a mon avis est remarquable pour ses peuplements faunistiques?
olivier Peyre

 

contribution de Pierre-Yves Bodart, bodart_py@hotmail.com, "Gaviota de Audouin (Larus audouinii) ", 03 Nov 2000

A quelques 10 kilomètres au Sud de l'Ile de Majorque, se trouve l'archipel sauvage inhabité de CABRERA.
Cabrera doit son nom aux nombreux troupeaux de chèvres qui y paissaient autrefois. L'impact qu'elles eurent sur la végétation fait qu'elles ont totalement disparu de nos jours. Les deux extrémités de l'île ne sont distantes que de 5 kilomètres. Du haut des 172 mètres du plus haut sommet, on peut admirer la vingtaine d'îlots et écueils dont le plus grand est "Coneja", l'île des lapins. Mais seule Cabrera fut habitée régulièrement par une centaine de chevriers et leurs familles.

L'armée en fit une zone interdite en 1916.
Au début des années 90, Cabrera a accédé au statut de "zone protégée".
En Abril de 1991, el Archipielago de Cabrera fue declarado Parque Nacional Marítimo y Terrestre.
Une fois par semaine, un bateau a l'autorisation d'aborder sur l'archipel, mais il est strictement interdit d'y passer la nuit.
Au rang des espèces remarquables, balbuzard pêcheur et faucon d'Eléonore
et Goéland d'Audouin...

Le Goéland d'Audouin (Larus audouinii) est une espèce rare et localisée dont la population estimée de 15000 couples est limitée à la région méditerranéenne. La plupart des sites de nidification sont des falaises rocheuses à l'exception notable de la colonie du delta de l'Ebre qui est un habitat mixte marais salant/ bord de mer sablonneux.
Les colonies les plus importantes (représentant 90 % de la population totale) se trouve en zone protégée. On sait par contre peu de choses des zones d'hivernage qui sont l'Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.

http://www.phyl.dk/billeder/audomaage1.html
http://www.fortunecity.com/greenfield/macdonalds/296/g/g1/gaviotadeaudouin.htm
http://www.disbumad.es/personal/mdgaleote/gaviota.htm
http://www.bird-stamps.org/species/62011.htm

 

contribution de Emmanuel Chabot <echabot@worldnet.fr> adressée à vannier@apro.fr, "Majorque", 14 septembre 1998

MAJORQUE, Avril 1998

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Partir une semaine à Pâques vers des destinations ultra-touristiques du bassin méditerranéen peut s'avérer une formule intéressante : des coûts vol+séjour imbattables, une fréquentation très réduite en début de saison, des équipements confortables proches de zones naturelles, la grande facilité de louer une voiture pour sillonner la région toute la semaine, voire de laisser les enfants au club s'ils rechignent au crapahut.

Cette année, j'étais à Majorque du 11 au 18 avril. Cette île grande (# 65 x 65 km) et peuplée (600.000 hab., en majorité à Palma) est parsemée d'immenses cités balnéaires (6 M de visiteurs/an).

Les Français, qui méconnaissent et méprisent les Baléares, y sont rares et cantonnés - et les Allemands largement majoritaires.

A première vue, le nez dans le guidon, c'est moche et c'est boche.

Mais sur les spots, on ne rencontre plus que Britanniques et Suédois, qui prisent énormément ce "trip initiatique".

Malgré son énorme activité touristique, Majorque est essentiellement couverte de zones agricoles (vergers, plaines, bocages) et naturelles (côtes, steppes, marais, montagnes). C'est une terre riche, pluvieuse, colorée, organisée autour de gros bourgs où se côtoient architectures arabe et chrétienne, et dont le dynamisme économique doit peu aux colonnes de Teutons fluos à vélo...

D'habitude, il fait déjà chaud à la mi-avril et on peut se baigner dans la grande bleu-turquoise. Ce n'était pas le cas cette année, on a difficilement franchi la barre des 20 °c. Averses, coups de vent et passages nuageux se sont succédés. La végétation, à la fois méditerranéenne et tropicale, était luxuriante.

Les terres basses sont densément peuplées par : Faucon crécerelle, Huppe fasciée, Traquet pâtre, Cisticole des joncs, Fauvette mélanocéphale, Pouillot fitis, Fringilles, Bruants zizi et proyer.

Un peu plus localisés : Cochevis de Thékla, Hirondelle de rochers, Rossignol philomèle, Bouscarle, Pie-grièche à tête rousse.

On peut observer un peu partout : Aigle botté, Faucon pélerin, Grand Corbeau (seul Corvidé) et entendre le Hibou Petit-Duc la nuit.

Sur les côtes (notamment Est) : Puffins yelkouan et cendré (abondants au large), Goéland d'Audouin (in-ratable), Echasse blanche, Martinets noir et pâle.

En haute montagne : Vautour moine (le fauve commence aussi à nicher ; le Percnoptère peut passer), Pinson des arbres dans les bois.

J'ai aussi noté quelques migrateurs : Pipit des arbres, Traquet oreillard, Traquet tarier, Gobemouche noir.

Quelques sites d'intérêt majeur (trop rapidement visités) : au Nord, la réserve des marais d'Albufera et la vallée de Bocquer (à l'entrée de la presqu'île de Formentor) ; au Sud, le Cap des Salines (steppe) et les marais salants du Llevant (bien que résidant au sud-est, j'y ai encore passé moins de temps).

# Albufera : Hérons pourpré et Bihoreau, Aigrette garzette, Chipeau, Sarcelle d'été, Fuligule milouin, Nette rousse, Busard des roseaux, Talève sultane, Bergeronnette printanière iberiae, Lusciniole à moustaches (en plein après-midi, je n'ai pas entendu la Rousserolle turdoïde, très commune).

# Bocquer : Torcol, Traquet motteux, Rougequeues noir et à front blanc, Merles bleus, Merle de roche (1 M migrateur), Fauvette sarde. Hélas, les Faucons d'Eléonore, la grande spécialité locale, n'étaient pas encore arrivés.

# Cap des Salines : Perdrix rouge, Oedicnème criard, Alouette calendrelle (+ sans doute Pipit rousseline), tous abondants.

# Salins du Llevant : les trois Gravelots, Chevaliers gambette et guignette, Bécasseaux minute et variable... [la nuit tombait, les moustiques attaquaient en masse, j'ai raté une 10e d'espèces de Limis : Chevaliers arlequin, aboyeur, sylvain et surtout stagnatile ; Avocette, Glaréole, Combattant, Bécasseaux cocorli et de Temminck...]

Au total, je n'ai vu que 85 espèces d'oiseaux - soit moins qu'en mainte journée d'automne dans la Manche!

[Adrian Kettle, présent la même semaine et pour la 6e fois, en signale 122 sur son compte-rendu :

http://www.xnet.com/~ugeiser/Birds/TripReports/Mallorca98.html ]

Les habitués british reviennent chaque jour (et matin !) à S'Albufera et environs, où on peut voir de nombreux hérons, sternes, et même la mythique Erismature à tête blanche. A défaut d'entreprendre de grandes randonnées au petit matin, j'avais également peu de chances de contacter les Fauvettes passerinette et à lunettes, peu répandues.

Mammifères : deux fouines se poursuivant dans un pré à moutons, des lapins, beaucoup de rats et de hérissons écrasés (en l'absence de Corvidés, les charognes sèches abondent). Il s'agirait du Hérisson d'Algérie, Aethechinus algirus vagans, forme indigène. Kettle signale aussi la belette.

Reptile : aucun ! - hormis une forme fuyante. Majorque n'abrite que deux tortues, deux geckos, deux Podarcis (rares et discrets) et deux couleuvres.

 

Remarques pratiques :

# Le séjour au Club del Mar (au sud de Porto-Cristo), départ de Nantes, revient à moins de 3.000 F à cette saison (promos partout).

C'est 100 % franchouillard (ça fait bizarre), un peu ambiance "TF1" mais sympa quand même. Les bungalows nickels sont dispersés dans un grand parc boisé (eucalyptus...), avec piscine, tennis, minigolf.

Nourriture et service impeccables et souriants (en avril !). La superbe (mais germanisée) Playa Romantica est à 800 m, mais comme on a une voiture ! (en plus, navette gratis ou descente à pied sympa).

L'ornitho pur et dur cherchera cependant plutôt à crêcher du côté de Pollença ou Alcudia, de l'autre côté, au Nord.

# La location de véhicule est simple, rapide et très peu chère : à peine 1.000 F pour 6 jours, Mégane TD neuve (coup de chance). On a fait 940 km (soit l'aller-retour Rennes-Lamballe tous les jours) surtout en 2e ou 3e. En avril, les routes principales sont déjà très chargées et obstruées par les cohortes de cyclistes allemands.

# Majorque couvre environ les deux tiers et est un peu plus peuplée qu'un département français moyen. Le catalan (populaire) et le castillan (pratique) sont les langues officielles, l'allemand l'officieuse - mais sur les spots, c'est l'anglais (à bien potasser : les Suédois le parlent très vite) !

# L'île d'Ibiza, au sud-ouest, est beaucoup plus aride et petite. C'est le pôle d'attraction des "post-hippies caviar" branchés et déjantés, alors que Majorque se prête idéalement (hors-saison) à des vacances familiales et de découverte.

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