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Bruant ortolan

Emberiza hortulana

 

 

Contribution de Nelly Boutinot, "Bruant ortolan", 02 May 2003

Juste pour mémoire, l'ortolan est protégé mais ce fut obtenu de haute lutte et il fallut en janvier 1998, un deuxième arrêt du Conseil d'Etat pour le ROC, en faveur de l'ortolan, avec fixation d'une astreinte financière quotidienne pour chaque jour de retard de son classement sur la liste des espèces protégées.
5 mars 1999
L'ortolan et plusieurs dizaines d'autres espèces sont classées sur la liste des oiseaux protégés.
Alors que nous n'avons pas d'oiseau totémique, celui-là nous est cher!
Nelly Boutinot, Vice-présidente
Ligue pour la préservation de la faune sauvage
et la défense des non-chasseurs. PRÉSIDENT: HUBERT REEVES

conribution de Dominique Py <Dominique.Py@irisa.fr>, "Le bruant ortolan est protege", 8 mars 1999

L'arrêté vient de paraître au J.O. d'hier 7 mars 99 : (cf.http://www.legifrance.gouv.fr/)

J.O. Numéro 56 du 7 Mars 1999 page 3447

Textes généraux

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement

Arrêté du 5 mars 1999 modifiant l'arrêté du 17 avril 1981 fixant les listes des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire  

NOR : ATEN9870392A

 

Le ministre de l'agriculture et de la pêche et la ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement,

Vu la directive du Conseil 79/409 du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages, et notamment ses articles 5, 6 et 9 ;
Vu le livre II du code rural relatif à la protection de la nature, notamment ses articles L. 211-1, L. 211-2 et R. 211-1 à R. 211-5;
Vu l'arrêté du 17 avril 1981 modifié fixant les listes des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire ;
Vu les avis du Conseil national de la protection de la nature ;
Vu l'avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage,

Arrêtent :

 Art. 1er. - I. - L'article 1er de l'arrêté du 17 avril 1981 susvisé est modifié comme suit :

1o Après les mots :

« Anatidés
« Oie des neiges (Anser caerulescens) »,

sont insérés les mots :

« Oie à bec court (Anser brachyrhynchus) ;
« Oie naine (Anser erythropus) ».

2o Après les mots :

« Rallidés
« Râle des genêts (Crex crex) »,

sont insérés les mots :

« Talève sultane (Porphyrio porphyrio) ».

3o Après les mots :

« Otididés
« Toutes les espèces d'outardes (Otis sp.) »,

sont insérés les mots :

« Charadriidés
« Pluvier guignard (Eudromias morinellus) ;
« Grand gravelot (Charadrius hiaticula) ;
« Petit gravelot (Charadrius dubius) ;
« Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) ;
« Tourne-pierre (Arenaria interpres) ».

4o Après les mots :

« Scolopacidés
« Chevalier guignette (Tringa hypoleucos) »,

sont insérés les mots :

« Chevalier cul-blanc (Tringa ochropus) ;
« Chevalier sylvain (Tringa glareola) ;
« Bécassine double (Gallinago media) ».

5o Après les mots :

« Alaudidés
« Cochevis huppé (Galerida cristata) »,

sont insérés les mots :

« Cochevis de Thékla (Galerida theklae) ».

6o Après les mots :

« Timaliidés
« Mésange à moustaches (Panurus biarmicus) »,

sont insérés les mots :

« Aegithalidés
« Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus).
« Remizidés
« Mésange rémiz (Remiz pendulina) ».

7o Les mots :

« Bruant zizi (Emberiza cialas) »,

sont remplacés par les mots :

« Bruant zizi (Emberiza cirlus) ;
« Bruant ortolan (Emberiza hortulana) ;
« Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) ;
« Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis) ;
« Bruant lapon (Calcarius lapponicus) ».

8o Après les mots :

« Ploceidés
« Niverolle (Montifringilla nivalis) »,

sont insérés les mots :

« Sturnidés
« Etourneau unicolore (Sturnus unicolor) ».

II. - Le même article est complété par l'alinéa suivant :

« La détention, qu'ils soient vivants ou morts, d'oiseaux ou d'oeufs de ces espèces prélevés dans la nature est également interdite. »

 

NDLR: se reporter aux serveurs juridiques pour le texte complet.

 

conribution de Sylvain Henaff <henaff@tonton.univ-angers.fr>, "ortolan", 2 février 1999

Le Conseil d'Etat juge que l'ortolan doit être classé espèce protégée 

PARIS, 1er fév (AFP) - Le Conseil d'Etat, dans un arrêt du 18 janvier, a condamné l'Etat français à inscrire sur la liste des espèces protégées un oiseau aussi rare qu'apprécié des gourmets fortunés, le bruant ortolan, sous astreinte de 500 F par jour de retard, a annoncé lundi le ROC (Rassemblement des opposants à la chasse).

 

L'astreinte a été prononcée car le ministre de l'Environnement n'avait pas exécuté une première décision du Conseil d'Etat, du 10 juin 1994, sur ce classement pourtant décidé par arrêté du même ministre en 1981.

Le Conseil d'Etat avait été saisi par le Rassemblement des opposants à la chasse, que préside le Pr Théodore Monod. Le ROC, qui se réjouit de ce jugement, regrette que "cinq ans aient été perdus pour obtenir une telle protection".

La France risque aussi d'être condamnée par la Cour européenne de justice à payer 700.000 F (105.000 euros) par jour si elle n'interdit pas la chasse d'une quinzaine d'espèces d'oiseaux +protégés+ au niveau européen, dont l'ortolan.

 

question de Barbara Passmore <passmore@datasys.net>, "L'ortolan", 2 Janvier 1998

Bonjour,

Dans la journal, The Atlanta Constitution, aujourd'hui, 2 janvier 1998 (page F2), il y a un article intitulé " Caché par les serviettes, régal de diners sur des oiseaux ", sous-titré " ortolan français minuscule savored par des indulgers réservés ". (C'est une copie du journal, The New York Times.)

En cet article il indique qu'un groupe de 120 personnes a secrètement mangé des ortalans, un oiseau chanteur minuscule dont les nombres en baisse ont mené le gouvernement français pour interdire sa vente n'importe où dans le pays. Il est mangé derrière une serviette (une partie du rituel) en tenant sa tête et devouring l'entière (aucun dissection ni nettoyage). Cinq des diners ont reconnu le manger à ce dîner annuel ($3.000 ) bien que le chef qui a servi l'oiseau le nie. Je m'abstiens à continuer plus loin pendant que l'article couvre plusieurs colonnes du journal.

J'écris seulement à l'ornithologie pour m'enquérir ce qu'est le nom vrai de cet oiseau (français et latin), ce qu'est la population connue, et ce qui est le consensus au sujet de la vérité de cet article.

Merci à l'avance,

Barbara Passmore
Valdosta, Georgie
Etats-Unis d'Amérique

 

réponse de "BOULESTEIX Pascal" <boulesteix@sigichallenge.netsource.fr>, "L'ortolan", 2 Janvier 1998

Bonjour Barbara,

Je suis désolé de te dire que l'article lu et commenté par tes soins est loin d'être du roman.

En effet, l'usage, la tradition, (choisie le terme) veut que dans le sud-ouest de la France, on (certains braconniers hors-la-loi) capture les ortolans afin de les manger.

Pour parfaire la triste opinion que tu dois avoir des Français (notes que ces pratiques sont localisées et le fait "d'initiés"), les Ortolans sont engraissés, puis noyés dans de l'Armagnac et afin rôtis avant d'être mangés selon le rituel décrit.

L'Ortolans fait parti de la famille des Embérizidés (Bruants). Son nom français est Bruant ortolan. Son nom scientifique Emberiza hortulana L..

Dans la nature il pèse environ 20-25 g.

Tu trouveras son statut pour la région Limousin d'où je t'écris, sur le web de mon association ornithologique http://www.sepol.asso.fr.

 

réponse de Barbara Passmore <passmore@datasys.net>, "L'ortolan", 3 Janvier 1998

Bonjour Pascal, et les autres ornithologues du France,

J'apprécie vos réponses à mon message au sujet de la pratique ritualiste de certains en France de manger le Bruant ortolan. Quand j'ai lu l'article que je me suis référé dans mon messasge, il était écoeurant à moi, mais d'abord, j'ai voulu savoir si cette pratique bizarre a lieu vraiment. J'ai été ainsi assuré par plusieurs peuple de la France. Laissez-moi vous assurer, j'aime la France et j'ai visité là beaucoup de fois. C'est seulement le peuple qui suivent cette pratique qui sont répugnant à moi. Je ne puis pas dire qui sera vrai de chacun qui a eu connaissance de article dans le journal américain le plus célèbre, The New York Times, ou en notre journal très bien connu à Atlanta, la Géorgie, The Atlanta Constitution. Il peut mettre un "mauvais goût" dans la bouche pour le entier pays. J'espère qui n'est pas le cas, et qui seulement le coupable (qui sont des transgresseurs de la loi, je suis dit) obtient au blâme, pas tout le pays.

En plus de votre message, j'ai reçu des messages dans privé des citoyens de la France et tout m'a dit qu'ils trouvent cette pratique extrêmement laide. Je suis également dit que les ornithologues ont fait un effort de l'arrêter, mais les ornithologues n'ont aucun support.

J'ai pu, mal j'ai peur, pour traduire une partie supplémentaire de l'article et il suivra votre message ci-dessous.

J'espère que ceux qui considèrent cette pratique "snob " décideront qu'elle est plus snob a laissé les oiseaux de phase.

Durez, comme comparaison, il y a deux ans où j'ai eu un séjour de Rufous Hummingbird (L. Selasphorous rufus) pendant trois mois dans mon jardin. Il a été identifié et réuni par un bander autorisé. Il a été également pesé et son poids a été déterminé pour être de 4 grammes. Je ne sais pas ce qu'est la taille normale du Bruant ortolan mais à un poids de 16-20 grammes, c'est 4 à 5 fois plus grand que ce hummingbird particulier. Manger un oiseau de la taille du Bruant ortolan alors serait l'équivalent de 4 ou 5 hummingbirds (entiers) bourrés dans sa bouche en même temps.

Je ne propose pas que n'importe qui début un rituel des hummingbirds de manger! Et j'espère sincèrement ce théâtre de l'échouer absurde et bizarre de volonté bientôt par manque d'une assistance.

Les meilleurs voeux pour l'aide aux ornithologues pour supprimer cette pratique barbare!


Une autre partie de l'article dans The New York Times/The Atlanta Constitution

 

Dans une salle obscurcie une égalisant récemment en Bordeaux, la France, plusieurs des chefs les plus célèbres et des restauranteurs du monde se sont reposées avec des serviettes au-dessus de leurs têtes et visages. Les bruits de craquement de dessous les serviettes étaient indubitables. Les invités mangeaient.

Assermenté au secret, ils wre mâchant la peau, la chair, les os et les entrailles d'un des plus grandes délicatesses de Frances, l'ortolan, un oiseau chanteur minuscule dont les nombres en baisse ont mené le gouvernement français pour interdire sa vente n'importe où dans le pays. Les serviettes font partie du rituel, de même que la méthode de manger l'oiseau: Elle est tenue par sa tête et devoured dans une morsure.

....

Une partie du mystique est l'utilisation de la serviette, qui, selon Larousse Gastronomique, a été lancée par un prêtre qui était un ami 19th-century de l'épicurien français Brillat-Savaarian. Plusieurs raisons sont avancées pour ce rituel. On est celui en plaçant la serviette au-dessus de la tête et le visage, un peut mieux apprécier les parfums de la cocotte en terre minuscule dans laquelle les oiseaux sont faits cuire.

Geraud Pangaud, qui a gagné deux étoiles de Michelin car un chef en France et possède maintenant la place de Gerard à Washington, est allé une étape plus loin. "vous sentez l'ortolan, " il a dit. " vous salivate, et celui protège votre bouche contre prier brûlé, parce que vous devez le prendre dans votre support tandis qu'il est très, très chaud. "

Alors parce qu'il fait très chaud, les diners peuvent devoir tenir leur pièce ouverte de bouches du temps tandis qu'ils mâchent, et d'autres peuvent ne pas vouloir observer.

" tandis que vous le mangez, vous voulez vraiment penser ce que vous mangez, " à Keller dit. " la saveur est bonne, mais la chose étonnante laissait l'oiseau entier dans votre bouche et en tant que savoir de cuisinier ce que je mangeais. Elle était cérébrale et sensual. Elle était comme la peau de canard de crépitement qui a emballé la graisse. Elle n'est pas quelque chose que vous voudriez manger souvent. Elle devrait être laissée pour des occasions très special. Je pourrais vivre sans expérience pour une année ou deux. "

Quelques oiseaux sont détruits par la noyade dans un verre d'Armagnac; d'autres sont alimentés une baisse d'Armagnac, aussi mortelle. Leurs plumes minuscules doivent être plumées très soigneusement pour éviter de laisser les trous par lesquels la graisse estimée pourrait s'écouler dehors. Alors elles sont rôties pour cinq à sept minutes.

"... elle est presque comme l'adultère, et chacun sait qu'elles ne devraient pas le faire. "

Le commentaire a apporté le rire de Le Coze quand on l'a répété. " adultère! " elle a dit. " il a été en France pour toujours. Le mari le fait; l'épouse le fait. Chacun le sait et le fait. "

[ Le Coze est Maguy Le Coze, une Française qui possède Le Bernardin à New York et Brasserie Le Coze à Atlanta et était au dîner en Bordeaux. " vous connaissez les Français. Les Français aiment casser la loi. " ]

 

réponse de Dominique Py <Dominique.Py@irisa.fr>, "L'ortolan", 6 Janvier 1998

Quelques précisions au sujet du statut du Bruant ortolan :

L'espèce est en diminution dans au moins dix pays d'Europe, dont la France (où il a disparu de 17 départements entre 1960 et 1990 et diminué dans 7 autres départements).

En 1992, la population française était estimée à 15.000 couples. Les causes de cette diminution sont la dégradation des biotopes favorables et la chasse qui se pratique dans une zone restreinte (département des Landes, sud-ouest de la France) mais effectue des prélèvements très élevés (estimés à 50.000 oiseaux par an, soit 10 fois la population de l'Allemagne, la Belgique et la Hollande réunies).

La diminution de l'espèce est alarmante, si bien que le bruant ortolan a été désigné "oiseau de l'année" en 1984 par les ornithologues européens, et un symposium lui a été consacré en 1992 à Vienne.

À cette occasion, les scientifiques présents ont adopté une résolution constatant les menaces qui pèsent sur le bruant ortolan et demandant à la CE d'inciter la France à respecter la protection de cette espèce.

Le bruant ortolan est protégé au niveau européen, mais cette protection n'est pas appliquée en France, où c'est une espèce "sans statut" : ni protégée, ni chassable. Dans la pratique, le braconnage ne donne jamais lieu à contravention.

Le commerce - parfaitement illégal - de l'ortolan est assez juteux puisque l'oiseau peut se vendre jusqu'à 300 francs pièce.

En mars 1995, le Conseil National de la Protection de la Nature a rédigé un arrêté de protection pour le bruant ortolan.

Cet arrêté n'a jamais été publié au journal officiel.

 

réponse de Gilles Vannier <vannier@apro.fr>, "L'ortolan", 6 Janvier 1998

Le cas du bruant ortolan est un cas révélateur de notre sociologie française:

- notre droit latin, fort complexe et fort précis, est parfois totalement ignoré face à la force des corporations, ou aux troubles à l'ordre public qui risqueraient de survenir si le droit était appliqué. L'arbitrage maintien de l'ordre public contre justice est caractéristique des régimes dirons nous "forts"; bien sûr on peut trouver pire en d'autres contrées!

- il y a une différence en une France du Nord, qui admet fort bien les lois européennes, et une partie de la France du Sud où les traditions de chasse aux oiseaux (ortolans, palombes, tourterelles, petits passereaux) restent vivaces. Ceci est à mettre en parallèle avec deux courants de civilisation - latin et urbain - ou nordique - qui ont des approches différentes de la nature (une conception latine d'une nature dominée et maîtrisée, et au contraire une survalorisation d'une nature mythique - voir par exemple le mythe de la forêt - dans la culture germanique). Bien sûr ces termes - latin, nordique - ne sont que des approximations grossières pour caractériser des influences culturelles dans un pays qui en connait de multiples.

- Et nos hommes politiques de tous bords n'hésitent pas à braver les lois lorsqu'il s'agit de récolter des voix dans le Sud-Ouest. Alain Juppé et François Mitterrand se sont tous deux affichés comme amateurs d'ortolans, et nous risquons de trouver de nombreux amateurs d'ortolans parmi leurs successeurs (il faut en plus compter avec nos prétentions gastronomiques!) ...

C'est pourquoi il faut continuer à lutter...

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