archives du forum de discussion «Ornithologie»

Menaces liées à l'environnement

 

Contribution de Didier Godreau , "RE : oiseaux & éoliennes" , 25 Jul 2002

En consultant ce qui existe sur le web sur ce sujet, et notamment ce qui concerne les USA, cette énergie devrait prendre de l'ampleur : l'agence américaine de l'énergie (American Wind Energy Association ) estime que le vent peut couvrir 40% des besoins en énergie du pays.

Comme ces projets ont la faveur des écologistes locaux, rien ne devrait arrêter cela.
En faveur du procédé, aucune pollution des sols, de l'air et de l'eau, et des installations limitées, comparativement à celles des centrales, qu'elles soient au gaz, au pétrole, etc ...

Mais l'impact sur l'avifaune est réel : dans les années 90, le décès de 25 des 50 aigles royaux de la région d'Altamont Pass, en Californie a fortement préoccupé les protecteurs de la nature, sur une espèce en forte régression.

Mais peu d'études ont été menées sur les collisions entre les éoliennes et les oiseaux.
Le choix du site d'implantation, et le type de turbine joue énormément sur le taux de mortalité des oiseaux ( lieu de migration notamment, en bordure des côtes )

Une agence d'environnement (Curry and Kerlinger ) qui étudie l'impact des activités humaines sur la mortalité des oiseaux, affirme que ce nouveau risque est bien moindre que celui par exemple des collisions avec les fenêtres des habitations, les chats domestiques et les chocs avec les voitures ( 1 million de victimes par an ! )

un lien à visiter pour des développements à ce sujet :
http://www.currykerlinger.com/

 

Contribution de François Sueur , "RE : oiseaux & éoliennes" , 24 Jul 2002

Les études menées en Allemagne (Actes d'un Colloque récent sur le thème éoliennes/oiseaux) ne donnent aucune indication fiable sur l'effet des éoliennes sur la reproduction.

Une autre étude allemande signale des densités normales d'Alouettes des champs sur les sites à éoliennes.

 

Contribution de michele.corsange, "oiseaux & éoliennes" , 24 Jul 2002

En passant par l'Aubrac, j'ai appris que 6 éoliennes allaient être implantées sur la commune d'Alpuech en un lieu où les oiseaux sont encore nombreux : Milan royal, Pipit farlouse, Traquet motteux, Pinson des arbres, Merle noir, Bécassine, Alouettes des champs, Corbeau freux, Buse variable, Faucon crécerelle, Bécasse, Chardonneret, Moineau friquet, etc. (et même l'Aigle royal m'a-t-on affirmé)
En novembre des Grues cendrées viennent se reposer auprès du ruisseau qui coule à mi-pente de la crête où vont être implantées ces éoliennes.

Ma question est sans doute simpliste : ces éoliennes sont-elles sans danger pour l'avi-faune ? Naïvement, je crains, comme les habitants du lieu, qu'elles ne se transforment en hâchoirs pour les oiseaux... sans compter que sur le plan esthétique, ce ne sera pas forcément très heureux et comme cette région est parmi les plus ensoleillées de France, le solaire serait certainement possible.

De plus, j'aimerais avoir confirmation d'une information qui m'a été rapportée, c'est ici aux amis ornitho des Pays Bas que je m'adresse : il paraît qu'aux Pays Bas, actuellement, les éoliennes qui avaient été installées sont démontées. Est-ce exact ? Pourquoi ?

Merci à tous ceux qui pourront me donner le maximum d'informations !
Michèle CORSANGE - 13200 - CAMARGUE
Lat : 43 41 N Long : 004 38 E

 

Contribution de P. Renard , "Oiseaux exterminateurs?" , 10 Jun 2002

En-dehors de la pollution génétique, un oiseau peut fort bien menacer une autre espèce, aussi bien qu'un mammifère ou un reptile, surtout lorsqu'il s'agit d'une proie ou d'un compétiteur fragile et à petits effectifs. (voir les nombreux exemples cités dans "Oiseaux menacés et à surveiller en France", de Rocamora & Yeatman-Berthelot sur les Alcidés, sternes, puffins et pétrels...)

3 anecdotes:
1- ... Discussion récente avec le directeur d'une réserve du Sud de la France au sujet du goéland leucophée sur certains îlots. Jadis, des opérations de destructions des couvées étaient menées annuellement. Actuellement, elles doivent faire l'objet d'une autorisation du ministère de l'environnement... laquelle, avec les "lenteurs adminstratives", donne en octobre le feu vert pour l'opération du printemps précédent (!). Aucune destruction n'est donc plus menée depuis 5 ou 6 ans.

Bilan: il y a dix ans, 11 espèces (dont plusieurs sternes et limicoles) nicheuses sur ces îlots. Actuellement, 1 seule (devinez laquelle), les autres étant "parties ailleurs" après plusieurs années d'échec total de la reproduction. Comme elles avaient jadis choisi ce site pour sa qualité, il n'est pas sûr que cette expulsion soit sans conséquence pour elles.

2- a) Jusque dans les années 1990, sur de petites îles californiennes, 6 sous-espèces endémiques de renard gris occupaient le sommet de la chaîne alimentaire, avec des effectifs limités (1000 individus max). Elles n'avaient aucun prédateur sérieux et leurs populations étaient auto-régulées par la disponibilité des proies.
b) Au début des années 90, l'homme y introduit des cochons sauvages, dont les porcelets constituent des proies suffisamment abondantes pour que l'aigle royal, présent sur le continent proche, vienne spontanément nidifier sur le site (ce qu'il ne pouvait faire auparavant faute de ressource alimentaire suffisante.)
c) Les aigles installés ont considéré que les renards étaient à l'occasion aussi comestibles que les porcelets...
Bilan: en moins de dix ans, quasi-extinction des renards endémiques sur toutes îles accueillant cochons et aigles.

3- Discussion il y a 4 ou 5 ans en Crau, avec un naturaliste enquêtant sur la raréfaction du criquet rhodanien, sous-espèce (?) rare et endémique de la zone. Après plusieurs mois d'études, il se demande sérieusement si cette régression ne serait pas liée, entre autres facteurs, à l'expansion de l'outarde canepetière dont les fientes contiennent à l'occasion des restes de ce gros insecte peu mobile et facile à capturer... J'ai depuis perdu contact avec cette personne et ne connais pas ses conclusions ultimes.

Les exemples de catastrophes écologiques causées par des espèces pullulantes ou introduites sont trop nombreux pour ne pas nous montrer prudents. L'ornithocentrisme et l'ornithocratie ne sont pas bons conseillers lorsqu'il s'agit de protéger la nature entière.

"Quand la paix régnera sur le monde, la buse et le campagnol dormiront côte à côte, mais le campagnol ne dormira pas beaucoup..." (Woody Allen, apocryphe).

 

Contribution de karaouka, "protection de la nature", 06 May 2002

Il y a un conte, connu dans le monde entier, qui est peut-être à l'origine d'un malentendu aux conséquences plus ou moins graves pour notre vie et celle de la nature en général. Ce conte repose sur une simple métaphore - des plus sentimentales - que notre naïveté n'a toujours pas su interpréter en adulte. Autrement dit, nous y croyons encore comme l'enfant qui croit au Père Noël.

Cette belle allégorie est la suivante : "La nature est notre mère..." Même adulte, il nous plaît de parler de la Mère Nature qui donne la vie; un grand utérus dans lequel des nouvelles vies se forment sans discontinuer... C'est formidable, c'est beau, c'est une idée réconfortante et romantique, hélas révolue !

Croire que la nature est notre mère nous autorise à nous comporter comme ses enfants et, tout comme eux, de vouloir abuser de sa bonne disposition. Quand nous savons de quelqu'un qu'il est bon, c'est parce que nous avons la conviction que sa bienveillance est sans limite. Il nous assistera dans le meilleure comme dans le pire... Notre mère est une de ces personnes ! Toujours bonne, son pardon est si évident qu'il est attendu avant même de s'être rendu coupable. Aussi continuons-nous à la tromper... Voilà comment nous traitons avec la bonté de nos parents : nous les aimons, mais en les faisant souffrir en même temps. Nous ne le pensons pas, mais c'est tout comme si : "Quoi qu'il arrive, une mère reste une mère pour son enfant et plus elle est bonne, plus grande est sa capacité à pardonner !" Serait-ce pour cela que nous la faisons souffrir, déjà bien avant notre naissance ?

Il n'est donc pas plus dangereux que de considérer la nature comme une mère. Il est vrai que la nature nous nourrit et qu'elle nous abrite. Sa bonté est extrèmement présente, mais innocente. Ce n'est pas ou ce n'est plus la bonté d'une mère. Vieillissant plus vite aussi que la Terre, nous les hommes, nous ferions mieux - à partir d'un certain age en tout cas - de voir la nature comme un enfant. Un fils ou une fille intelligente et bonne, ça oui. Néanmoins un enfant qu'il faut protéger et aimer comme la prunelle de nos yeux... Si l'on blesse son enfant, l'on se blesse soi-même.

Ayant pris la nature trop longtemps pour notre mère, nous nous sommes conduits à son égard comme un petit enfant. Mais nous avons grandi. Maintenant que nous sommes adultes, c'est à nous de veiller sur la montagne et sur la mer. Nous prenons soin de l'air et de la terre comme nous prenons soin de nos enfants.
Steven
Bruxelles
http://www.chez.com/karaouka

 

Contribution de michele.corsange , "Re: pingouins torda morts" , 13 Dec 2001

"Mais que faire ?" Cela, on me l'a déjà dit...
Ben Voyons ! Avec mon sale caractère, j'ai été tentée de répondre : RIEN !

Mais, nom de Zeus*! tout simplement AGIR !
Lorsque le message de Michel Devroux nous est parvenu, j'ai immédiatement alerté la LPO-CAMARGUE et la LPO-PACA en précisant que, pour moi, le sort de 9 Pingouins torda (en une seule journée, faites le calcul pour une année...) était aussi important que celui des oiseaux victimes de l'Erika dont tout le monde a parlé et dont, maintenant, tout le monde se moque.
Croyez-moi ou pas, l'effet a été immédiat : Alain Moussu (Président de la LPO-PACA) a lancé tout un plan d'action : contact avec Michel Devroux, avec l'ONCFS 13, recherches et enquête sur le terrain. Je connais Alain, le bon véto. qu'il est ne s'en tiendra pas à des mots !

C'est parce que trop souvent nous baissons les bras que tout continue à aller à vau-l'eau. Il faut faire passer les informations et je ne remercierai jamais assez Michel Devroux d'avoir dénoncé ce qui doit l'être. Après tout, la planète n'est jamais que ce que nous acceptons que les "autres" - c-à-d nous-mêmes - en fassent.
Il faut TOUT FAIRE pour défendre la faune sauvage, même des films sur les oiseaux mi-gratteurs ami Jean-Luc mi-railleur ! ;) ;) ;) ....
Cordialement,

*Zeus = divinité oubliée, commune à tous les peuples de la Méditerranée, un peu tonitruant, coureur de jupons mais apte à réunir tous ceux qui aiment la Mer, la Terre, le Ciel et leurs habitants, le Soleil pour la douceur de ses rayons et les Etoiles pour la Paix qu'elles font naître en nous.
Michèle CORSANGE - 13200 - CAMARGUE

 

Contribution de clément , "Re: pingouins torda morts" , 12 Dec 2001

il n'est pas rare d'entendre dire ou de constater que des pêcheurs professionnels (avec filets), remontent de la mer ou des lagunes, macreuses, plongeons , grèbes huppés , à cou noir, castagneux et diverses espèces de canards plongeurs ou non. Il y a 3 ans lors d'un recensement sur l'étang de Bages -Sigean dans l'Aude nous avons rencontré un pêcheur avec les filets plein de grèbes, surtout des cou noir. Certains vivaient encore et nous les avons sortis. Au total une dizaine d'oiseaux remis à l'eau et plus de 50 cadavres. L'impact sur l'ensemble de la Méditerranée et ailleurs doit être conséquent. Mais que faire?

 

Contribution de Daniel Philippe , "RE: pingouins torda morts" , 11 Dec 2001

michel devroux a dit:
je regarde dans la poubelle : 9 autre pingouins torda, eux aussi mort noyés...

Dommage qu'on ait pas droit à des commentaires. Est-ce occasionnel ou bien ce pêcheur ôte-t-il régulièrement des pingouins de son filet? Si oui, combien par jour?? par mois??? par an???? Et combien y a-t-il de pêcheurs au filet dans le petit port des Stes Maries????? Et combien y a-t-il de petits ports autour de la Méditerranée??????

 

Contribution de michel.devoux , "pingouins torda morts" , 11 Dec 2001

dimanche 09.12.2001 à midi au petit port des saintes maries de la mer :
dans le filet d'un pecheur je remarque 1 pingouin torda mort.
1/2 heure plus tard je vois le pecheur qui otait ce cadavre de son filet pour le mettre dans une poubelle.

je regarde dans la poubelle : 9 autre pingouins torda, eux aussi mort noyés...
no coment.

 

Contribution de Xam , "nouvel aéroport international" , 18 Nov 2001

bodart_py@hotmail.com écrivait
Toute cette agitation frénétique autour de conséquences sur l'avifaune de l'implémentation d'un nouvel aéroport international me fait doucement rigoler...

Moi aussi , car c'est fou comme un aéroport ou même une centrale nucléaire peut fovoriser la faune et en particulier les oiseaux.
http://www.multimania.com/lpoaquitaine/lposites.htm#sit2

Pour ce qu'on a pu voir (dans mon cas à la télévision exclusivement) de la zone envisagée, il ne semble pas s'agir d'un type de biotopes particulièrement original ou d'une zone de reproduction d'espèces menaçées.

Et même ailleurs , bien plus grave problème que ce prétexte , souvent le déséquilibre est créé par l'homme. En Pays Basque intérieur c'est le domaine des rapaces et des vautours .Je passe pas mal de temps a les photographier , buses, milan,( même royal ), pies ... etc.en passant par les centaines de vautours fauves, qu'on dit en voie de disparition sur certains sites internet . Les vautours fauves sont en tel nombre qu'ils peuvent s'attaquer aux animaux vivants, telle cette vache qui velait dans un champ et qui a été mangée par 150 vautours fauves, cet été . Et bien tout ce petit monde de prédateurs ( sauf le vautour, quoique?) a crée un tel déséquilibre qu'on ne trouve que peu de merles , chardonnerets , rouges gorges, poules d'eau etc, sauf en milieu urbanisé). Je précise qu'il y a aussi une complaisance du monde agricole envers le rapace.
L'homme doit réapprendre à réglementer, il ne doit pas favoriser le déséquilibre par une surprotection.

 

contribution de agoubert, agoubert@magic.fr, "Bientôt des mornes plaines sans oiseaux ?", 15 Jan 2001

C'est le titre d'un article paru aujourd'hui dans le Figaro, une fois n'est pas coutume de voir l'ornithologie ainsi mise à l'honneur dans un quotidien national.

Toutefois, l'article est plutôt pessimiste. Il relate la disparition d'environ 3/4 des effectifs d'oiseaux de plaine en Grande-Bretagne (depuis 30 ans) selon une étude récente de la RSPB et Birdlife.

Aucune étude similaire n'a été réalisée en France, mais le journaliste cite les travaux de Vincent Bretagnolle en Deux-Sèvres qui semble observer des tendances similaires (notamment pour l'Outarde canepetière, mise en valeur dans l'article).

Qu'en pensez-vous ?
En Normandie, l'enquête habitat ne semble pas montrer des résultats aussi alarmants si ma mémoire est bonne ?

 

Contribution de Catherine Laplagne, claplagne@calva.net, "Re : cormoran, grives, colverts et autres foulques", 22 Dec 2000

L'homme maîtrise son milieu : ce peut être la meilleure et la pire des choses. Dénonçons et combattont la pire et n'oublions pas la meilleure...

Pour aller un peu dans le même sens que Charles-Yvonnick...
Par chez moi, au sud-ouest de l'Ile de France, presque tous les étangs (St Quentin, St Hubert, les Noës...) sont dus à la mégalomanie de Louis XIV qui avait besoin de réservoirs pour faire fonctionner les jeux d'eau de Versailles. Nous y pensions en riant dimanche dernier en admirant toute la diversité des oiseaux d'eau qui en profitent aujourd'hui.
Comme quoi si l'enfer est pavé de bonnes intentions il y a aussi des "mauvaises" intentions qui profitent à la nature.
Pour un troisième millénaire optimiste ;-)
Catherine
Le Mesnil St Denis (78)

 

Contribution de Charles-yvonnick Soucat, cysoucat@mail.dotcom.fr, "Re : cormoran, grives, colverts et autres foulques", 21 Dec 2000

Si je souscris à certaines affirmations des derniers co-listiers , la phrase citée ci-dessous dans le message de Charles-Yvonnick Soucat me laisse perplexe. Je souhaiterais un développement de l'idée émise. " La nature s'est en fait adaptée à des pratiques humaines" N'y -a-t-il pas arrogance humaine à croire que la nature s'est adaptée, donc s'adapte (?), et s'adaptera (?) toujours à nos interventions, quelles qu'elles soient?

Mon propos concerne le cas des des étangs, créés et gérés par l'homme, notamment par la pisciculture. La qualité de nature que l'on y trouve est souvent remarquable. Elle semble satisfaire un maximum de personnes, puisque des enjeux forts se dégagent et que diverses activités s'y implantent, parfois concurentes. (pisciculture, pêche, observations, chasse). Dans ces zones, la nature s'est adaptée à l'activité exercée par l'homme. Si l'on veut garder cette forme de milieu naturel, l'homme est indispensable (comme par exemple pour les pelouses calcaires).

En disant que la nature s'est adaptée dans ce cas :
1. je ne sous-entends pas qu'elle s'est adaptée de façon positive partout.
2. je ne sous-entends pas non plus qu'elle s'adapte et s'adaptera toujours, je fait un constat : la nature présente actuellement est le résulat d'une adaptation à des pratiques. En les changeant on changera le milieu, la nature changera.
Nos connaissances peuvent maintenant nous permettre de prévoir ce que pourront être ces changements, l'impact de nos activités. Cela nous permet de faire des choix, choisir la nature que nous voulons. Comment ensuite hierarchiser les différentes natures possibles? Je pense que cela dépend des individus.

L'exemple du Marquenterre est à ce titre intéressant. Le milieu y est completement maîtrisé par l'homme qui contrôle les niveaux d'eau des différents bassins. Ceci permet aux gestionnaires d'attirer les espèces qu'ils veulent présenter au public. La nature sauvage par les oiseaux qui viennent est totalement anthropisé au niveau du milieu. On peut rêver d'une nature idéale, où les milieux sauvages sont diversifiés et abondants. On peut aussi regarder les choses en face, sans idéologie. L'homme maîtrise son milieu : ce peut être la meilleure et la pire des choses. Dénonçons et combattont la pire et n'oublions pas la meilleure...

As-tu connaissance de quelques méthodes-ancêtres de lutte contre la prédation, chez nos bonnes bestioles-à-bon-dieu, pionnières de la pisciculture ?

Pas précisemment. Le tir était LA méthode de lutte. Reste à savoir qu'elle était réellement la pression de oiseaux à l'époque.

 

contribution de Daniel Philippe, daniel@trilease.com, "A propos de la Sterne d'Orient", 8 Aug 2000

On vient de redécouvrir une espèce avienne que l'on croyait éteinte car elle n'avait pas été vue depuis les années 1930. Il s'agit de la Sterne d'Orient, Sterna bernsteini. 6 couples ont été observés élevant leurs poussins dans la partie Sud de la Mer de Chine. La localisation exacte a bien entendu tenue secrète pour éviter un afflux de visiteurs ou de collectionneurs d'oeufs.
Il paraît qu'on peut voir une photo ou un dessin de cette espèce à :
http://news.bbc.co.uk/hi/english/sci/tech/newsid_852000/852849.stm

Sur le site ci-dessus il n'y a qu'un dessin accompagnant l'article, pas de photo. Mais aujourd'hui dans un journal hongkongais, il y a un article de l'Agence France-Presse avec une photo de 2 Sternes d'Orient sur leur nid, se chamaillant avec 2 Sternes huppées. Si vous voulez les voir, cliquer sur:
http://www.hkbws.org.hk/tempweb.html

L'article explique que ces photos ont été prises sur un îlot des îles Matsu appartenant à Taïwan juste en face (moins de 10 km) des côtes chinoises à la hauteur de la province du Fujian. Il y aurait environ 2000 sternes se reproduisant dans ce sanctuaire dont 8 Sternes d'Orient qui ont donné naissance à 4 jeunes.
Ça, c'est vraiment SUUUUUUUUUUPER.

Et cette redécouverte tombe à point nommé. En effet, il y a qq semaines un débat très animé s'est tenu sur le forum de discussion oriental (orientalbirding) au sujet de cet oiseau. De nombreux "pros" ont fait état de leur connaissance sur son statut actuel et quasiment tous convenaient que même si aucune des récentes observations (càd depuis 50 ans) n'étaient confirmées, il était néanmoins possible que la Sterne d'Orient ne soit pas éteinte.
Bref, une grande vague d'optimisme qui a ravivé beaucoup d'espoir parmi la communauté ornitho de la région. Et puis le flot de discussions s'est tari...et on a oublié la sterne... Et bing! La re-voilà. A nouveau depuis ce matin les messages entre ornithos locaux circulent dans tous les sens.

Curieux, non? Y a-t-il un saint qui veille sur les ornithos?
Happy sea-watching
Daniel Philippe
Hong Kong

 

contribution de Rafael, "la Sauvagine - Pie tridac et Fulmar boneal", 28 Jun 2000

Un ornitho non-internaute de Boulogne sur Mer me signalait l'autre jour deux confusions dans la Sauvagine (juin 2000) dans les pages sur le nouveau classement des espèces menacées (liste rouge des espèces menacées ou quelque chose comme ça):
on y lit la Pie tridactyle (!) et le Fulmar bonéal (...P. Bonnet?)!!!!
RAF - Boulogne sur Mer (Pas de Calais, 62)

 

contribution de JACQUES-GEORGES MICHEL, J.MICHEL@wanadoo.fr, "hécatombe de rapaces", 24 Nov 1999

Merci à tous ceux qui me passent des messages et me demande des adresses pour intervenir.
Il est possible d'envoyer une missive au préfet du Doubs.

Monsieur Le Préfet
Préfecture du Doubs
8 bis rue Charles NODIER
25000 BESANÇON

Pour taper plus haut et cela est nécessaire car c'est tout de même Mme la ministre de l'environnement qui a autorisée le type de traitement.

Madame la Ministre de L'Aménagement
du Territoire et de l'Environnement
20 avenue de Ségur
75302 Paris 07 SP

Le colloque ornitho d'yverdon (suisse) à formulé une demande d'arrêt des traitements. Il est possible de reprendre le texte.
39e colloque interrégional d'ornithologie
Yverdon, 20-21 novembre 1999

Intervention de Marcel S. Jacquat, adm. de Nos Oiseaux

Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues,

A la demande de nos amis Michel Terrasse, vice-président de la Ligue française pour la protection des oiseaux, et de Jacques Michel, de Morteau, responsable du Fonds régional d'intervention pour les rapaces, qui assure le suivi ornithologique des traitements en cours contre les campagnols, je dois vous faire part de la catastrophe en cours dans le Département du Doubs.

Traitements rodenticides dans le Département du Doubs (France)

Réunis à Yverdon les 20 et 21 novembre 1999 dans le cadre du 39 Colloque ornithologique interrégional d'ornithologie, 150 ornithologues française et suisses ont pris connaissance avec consternation des effets désastreux des traitements rodenticides mis en oeuvre en Franche-Comté sous la responsabilité de la Préfecture du Doubs en vue de la lutte contre les campagnols.

Ignorant les expériences catastrophiques faites dans les Cantons de Neuchâtel et du Jura il y a 17 ans avec des appâts secs à la Bromadiolone et en phase de pullulation, ne tenant aucun compte des mises en garde des milieux de la protection de la nature, négligeant les précautions les plus élémentaires en matière de suivi des traitement, augmentant à près de 100' 000 ha la surface traitée, l'autorité française se rend ainsi responsable de la destruction de centaines d'animaux d'espèces protégées telles que Milans royaux et Buses variables.

Les participants au 39e Colloque interrégional d'ornithologie demandent la suspension immédiate des traitements destructeurs autorisés par la Préfecture du Doubs.

Meilleures salutations

" Protéger les rapaces, c'est donner
une nouvelle envergure à la liberté "

 

contribution de Colette Barridas via jean-luc saint-marc, , "Article "Nature" dans le Figaro", 24 Nov 1999

Pour information :
Vu dans le Figaro de ce jour 24/11/99 à la page 11 dans la rublique ENQUETE

Huit espèces animales et huit espèces végétales ont totalement disparu de notre pays en moins d'un siècle

Titre : COMPTES ET MECOMPTES DE LA NATURE FRANCAISE
La loutre, le vison et l'ours pyrénéen au bord de l'extinction une centaine d'expèces animales et six cents espèces végétales sont en danger le retour des loups dans les Alpes déchaîne les passions.

"Seuls les chiens et les chats ..."
Pour Jean-François Terrasse, une majorité de nos compatriotes ne s'intéresse vraiment qu'à leurs animaux de compagnie et ignore tout de la faune sauvage.

Avec la liste rouge de la faune en métropole : dessins des espèces disparues et de celles en danger. Propos recueillis par G.N.

Un paragraphe intitulé "Des immigrés qui se portent bien" traite des espèces étrangères qui s'acclimatent bien en France et sont en voie de coloniser la totalité de notre territoire.

Dans un autre Jean-François Terrasse évoque les sérieux problèmes causés par le mode d'agriculture extensive mis en place dans notre pays depuis un quart de siècle.

 

contribution de Patrick duBus, P.dubus@cofidis.be, "RE: hécatombe de rapaces", 24 Nov 1999

je reviens sur la problématique des rapaces empoisonnés.

Je vais proposer à notre association Aves d'envoyer un courrier officiel aux autorités concernées :
peux-tu me donner les coordonnées précises du Prédet du Doubs, ainsi que les coordonnées des autres autorités compétentes dans ce domaine et se trouvant dans une position hyérarchique supérieure à celle du Préfet ( Région, Ministère,...)

 

contribution de Colette Barridas, barridas@club-internet.fr, "RE: hécatombe de rapace", 22 Nov 1999

Si tu réponds à Patrick Dubus sur sa messagerie privée, merci de le faire aussi sur ce forum, sur toutes les autres forums. Je fais suivre également une copie de ces messages au modérateur de mon forum régional Obsnorm.

Tout comme Patrick, je pense qu'il faudrait des actions percutantes et surtout l'appui et la participation de tous. j'envoie également une copie de tes messages aux deux principales associations ornitho. auxquelles j'adhère.
Tout comme Marc Almecija je t'autorise à utiliser mon nom pour soutenir la demande des membres du 39° colloque.

Merci de nous tenir régulièrement informés.

 

contribution de MARC ALMECIJA, almecija@cyberia.net.lb, "RE: hécatombe de rapaces", 23 Nov 1999

Je soutien la demande des membres du 39° colloque et si besoin vous pouvez utiliser mon nom.

 

contribution de Patrick duBus, P.dubus@cofidis.be, "hécatombe de rapaces", 22 Nov 1999

Les participants au 39e Colloque interrégional d'ornithologie demandent la suspension immédiate des traitements destructeurs autorisés par la Préfecture du Doubs.

Extrêmement inquiétant...
Michel, peux-tu me dire ce qui a été fait jusqu'à présent en terme de lobbying ?

- La presse, même nationale, a-t-elle été contactée ?
- Des personnes haut placées ( ministres ou tout autres personnes ayant autorité sur les préfets ) ont-elles été interpellées ?
- Je suis prêt à mobiliser Aves sur le sujet ( envoi d'un courrier,...)

Une chose est sûr : il faut faire beaucoup de remous...et utiliser au maximum la presse !

 

contribution de J.MICHEL, J.MICHEL@wanadoo.fr, "hécatombe de rapaces", 22 Nov 1999

Bien les espèces rares en F.C , érismature et pie-griège isabelle, mais au rythme ou se produisent les empoisonnements de milans royaux, buses variables, crécerelle, renard, par les traitement à la bromadiolone. Ces espèces seront bientôt les nouvelles coches rares pour nos petits enfants.

Ornitho de toute les régions mobilisez vous contre ce nouveau type de marée noire.

Prenez exemple sur les participants au colloque interrégional d'Yverdon. Il viennent de prendre une position claire au sujet de ce type de traitement.

39e colloque interrégional d'ornithologie
Yverdon, 20-21 novembre 1999

Intervention de Marcel S. Jacquat, adm. de Nos Oiseaux

Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues,

A la demande de nos amis Michel Terrasse, vice-président de la Ligue française pour la protection des oiseaux, et de Jacques Michel, de Morteau, responsable du Fonds régional d'intervention pour les rapaces, qui assure le suivi ornithologique des traitements en cours contre les campagnols, je dois vous faire part de la catastrophe en cours dans le Département du Doubs. En 1997 déjà, des traitements rodenticides ont conduit à la découverte de 186 cadavres d'espèces non-cible.
En 1998, sur 40'000 ha traités, découverte de 400 cadavres
En 1999, sur 150 ha, Jacques Michel a trouvé, entre le 29 octobre et le 16 novembre:
27 buses variables
5 milans royaux
1 chat domestique.

Le constat a été fait déjà de la diminution drastique des effectifs de Milans royaux nicheurs, par exemple:

1998: moins 50% en Alsace
1999: moins 70% dans le Doubs.

Il faut rappeler que le Milan royal est un des rares rapaces dont la zone de nidification est limitée à une partie de l'Europe (entre Espagne et Pologne) à l'exception de quelques sites au Maroc.

Désireux d'agir, nous vous donnons connaissance d'un projet de résolution en espérant que vous voudrez bien l'appuyer par un vote. Merci de votre aide.

Traitements rodenticides dans le Département du Doubs (France)

Réunis à Yverdon les 20 et 21 novembre 1999 dans le cadre du 39 Colloque ornithologique interrégional d'ornithologie, 150 ornithologues française et suisses ont pris connaissance avec consternation des effets désastreux des traitements rodenticides mis en oeuvre en Franche-Comté sous la responsabilité de la Préfecture du Doubs en vue de la lutte contre les campagnols.

Ignorant les expériences catastrophiques faites dans les Cantons de Neuchâtel et du Jura il y a 17 ans avec des appâts secs à la Bromadiolone et en phase de pullulation, ne tenant aucun compte des mises en garde des milieux de la protection de la nature, négligeant les précautions les plus élémentaires en matière de suivi des traitement, augmentant à près de 100' 000 ha la surface traitée, l'autorité française se rend ainsi responsable de la destruction de centaines d'animaux d'espèces protégées telles que Milans royaux et Buses variables.

Les participants au 39e Colloque interrégional d'ornithologie demandent la suspension immédiate des traitements destructeurs autorisés par la Préfecture du Doubs.

J. MICHEL
Président Fonds Régional Intervention Rapaces
Membre de la section rapaces de la LPO

 

contribution de jean-luc saint-marc, jlsm_A_club-internet.fr, "Re: Les menaces qui pèsent sur l'avifaune", 27 Oct 1999

Le bon-Pierrot-de-Bruxelles nous demande notre avis sur: "Les menaces qui pèsent sur l'avifaune" ?

Ce forum de discussion ornithologique et francophone, où les "modérés" parlent aux extrémistes et inversement, offre un avenir décent à notre intérêt commun.

L'avenir du chasseur est bouché; les libertés excessives dont ils jouissent se réduisent, l'impunité intolérable touche à sa fin, le chasseur est aux abois et se rend compte combien c'est douloureux...

Si la modération, l'appel à la discussion peut assurer à ces femmes et à ces hommes une fin plus douce, pourquoi pas, mais que cela soit bref !

Je suis désolé de te le dire ainsi, mais je suis partisan de l'abolition de la chasse de plaisance, dans nos pays où la pratique des loisirs est une industrie.

En parlant de chasse, j'entends la cynégétique polluante, bruyante, aveugle et excessive.
Les chasseurs ont toute possibilité de recycler cette pratique, d'un autre âge, en une discipline respectueuse de la nature, de leurs congénères, de leurs "traditions" sclérosées. Et si il faut tuer dans un but de régulation, tuons! Quand il le faudra.

Voilà une menace qui s'éloigne!

Pour le reste pollution, urbanisation et croissance démographique nous touchons au comportement politique de chacun et là, ce sera une autre paire de manches.

Un naturaliste-un vote, est-ce aussi évident que un plaisancier-une abstention ?

A l'époque où le coconage est à son apogée, où le moindre ordinateur peut brutalement se fermer dès lors qu'un collègue pense différemment; à l'heure où le mot d'ordre peut sembler être:
"je ne vois rien, je n'entends rien, je ne dis rien!"

L'ami Pierrot sur le forum Ornitho tente la diversification.

 

contribution de Lucien GUES, 25 Oct 1999, "Re: Les menaces qui pèsent sur l'avifaune",

On pourrait encore ajouter l'urbanisation parfois anarchique sur et à proximité de zones fragiles commes les cordons dunaires...ou la pression touristique sur certaines zones comme les plages qui servaient d'antan de reposoir voire de site de nidification aux sternes et autres laridés.

Et les stations de ski bien huppées, les golfs là où on a dû arracher les quelques arbres d'un bosquet, les pseudo coins de nature en ville bien fléchés, les bords de cours d'eau....

Pour terminer ce propos sur un ton plus réjouissant, il convient toutefois de constater de ce qu'après de trop longues années de laisser-faire, une vague de contestation des pratiques néfastes et de mise en oeuvre d'actions correctrices et réparatrices se gonfle chaque jour un peu plus.
Il est important de se dire que chaque action positive, aussi petite et localisée soit-elle, fait partie d'un même mouvement d'ensemble qui tente de passer au dessus des tentations de profits individuels pour travailler à restaurer autant que faire se peut notre bien commun à tous : la Nature. Car comme le dit si bien la maxime : "Nous empruntons la terre à nos enfants".

C'est le débat sur le pessimisme et l'optimisme. C'est bien que Pierre-Yves parte de situations qui nous révoltent afin de nous inciter à rester des militants actifs pour les générations futures.
Quand j'écris militant, je veux dire avoir une attitude responsable et pédagogique vis à vis de notre entourage familial et professionnel pour commencer. Le tout est de convaincre et ne pas contraindre. Il faut que notre relation avec la nature soit positive et ...naturelle. Dans un premier temps.

 

contribution de Pierre-Yves Bodart, bodart_py@hotmail.com, "Edit-Ornitho : Les menaces qui pèsent sur l'avifaune", 25 Oct 1999

Notre forum ayant fait l'objet ces derniers temps de certains échanges (parfois houleux) autour de la pression de la chasse sur l'avifaune, il m'a semblé utile de tenter de faire le point sur la multiplicité de menaces qui pèsent sur nos oiseaux, afin d'une part d'ouvrir plus largement le débat et d'autre part afin d'éviter une radicalisation des échanges entre les positions les plus extrêmes de la problématique chasse.

Vouloir effacer d'un coup de baguette magique les pratiques de chasse dite 'sportive' parfois fortement ancrées dans les traditions est illusoire. De mon point de vue que je crois être modéré, ce qui pose problème en fait, ce n'est pas la chasse de façon absolue mais le manque de discernement et de respect des règles dans la distinction des espèces tirées. Un bon chasseur doit pouvoir retenir ses coups s'il n'est pas sûr de ce qu'il tire (donc à priori il doit être en mesure de reconnaître les silhouettes en vol des espèces protégées comme les rapaces ou la cigogne noire) et donc économiser ses cartouches. Pour reprendre un contre-exemple marquant, on peut parier que toute espèce passant dans l'espace aérien de Malte doit avoir le coeur bien accroché et une bonne dose de chance pour passer au travers d'un tir de barrage qui n'a plus grand chose à voir avec du sport.

Effet secondaire mais insidieux dans les pays où des règlementations appropriées n'ont pas été mises en oeuvre, l'existence des plombs en provenance des cartouches peuvent provoquer des dégâts à posteriori dans la mesure où ils sont ingérés par des canards barboteurs ou certains cygnes habitués à fouiller la vase à la recherche de nourriture.

Autre pratique à la fois anachronique et éthiquement discutable, la tenderie peut affecter durablement certaines espèces particulièrement recherchées comme le chardonneret. Il en va de même avec la pratique de la chasse à la glu.

Cependant, sans pour autant excuser la chasse...surtout quand elle est mal pratiquée, il faut mettre en évidence l'existence d'autres comportements et pratiques ayant des effets nuisibles durables sur l'avifaune.

D'aucuns seraient peut-être tenté de dire : "Qu'importe l'avifaune, pourvu que l'humain survive".
Dans la mesure où la dégradation de l'état de la faune en général (et de l'avifaune en particulier) a démontré par le passé sa fonction de signal de danger pour l'état de notre environnement, il y a fort à parier que la disparition totale de toute avifaune signerait aussi l'arrêt de mort de notre brillante civilisation.
Entendons-nous bien, l'intérêt n'est pas de préserver le milieu (et l'oiseau) au détriment de l'humain mais de démontrer de nouvelles compétences à co-gérer humain et environnement en terme de "co-existence pacifique" et de contributions réciproques.

Même si celà n'est sans doute pas un facteur des plus déterminants pour l'Europe des pays dits industrialisés...la croissance démographique peut constituer de facto une menace latente dans la mesure où plus de population, celà induit plus de nourriture, d'espace vital, d'eau et de services...donc une pression accrue sur les ressources naturelles.

En terme d'exploitation des ressources, peu de milieux ont échappé à la main (et à la convoitise) de l'homme...

La sur-exploitation ou la destruction de certains massifs forestiers provoque une diminution des potentialités d'accueil & de maintien des espèces qui y sont inféodées. Il faut réaliser que la perte d'un secteur au sein d'un habitat tel celui-là est immédiattement dommageable car l'oiseau confronté à un besoin de changer de secteur se trouvera confronté à l'existence d'une population au sein de la zone envisagée. S'il veut modifier ses habitudes, il entrera en concurrence avec d'autres espèces déjà ancrées et adaptées dans ces habitudes potentielles.

Pour prendre un autre exemple parlant, le Waddenzee, vaste ensemble d'habitats côtiers (au Nord de la Hollande) propice à une faune riche et à une avifaune nombreuse...et d'ailleurs réputé auprès des naturalistes pour celà se trouve sous la menace récurrente de déchêts industriels (métaux lourds et polluants) déversés parfois loin en amont dans les pays riverains du Rhin ou de l'Elbe. Les populations de sternes et d'eiders à duvet sont les premières touchées.

Plus proche de nous temporellement parlant, la rupture accidentelle d'un barrage de retenue des eaux d'exploitation d'une carrière proche du Guadalquivir & de la célèbre réserve de Coto Donana (Andalousie- Sud de l'Espagne) a entrainé une pollution durable aux métaux lourds (certains chiffres font état d'une persistance estimée de toxicité non éliminable jusqu' à 40 ans) de certaines zones...même si le noyau du Parque National semble avoir été miraculeusement préservé...de sorte qu'on estime que 80 % des oies hivernant dans ces zones seront durablement affectées.

Toujours en matière d'actions humaines, la poursuite de méthodes agricoles modernes caractérisées le plus souvent par une réduction de la diversité des milieux sont également dommageables. Arrachage des haies et des bosquets pour favoriser une monoculture intensive et apport intensif d'engrais et de pesticides pour remplacer prédateurs naturels et élements minéraux du sol sont autant de pratiques dont on a démontré à foison l'impact nuisible sur l'avifaune. Dans le même ordre d'idée, en l'absence de la vigilance de certains ornithologues ou environnementalistes, les espèces adaptées à la pleine campagne & en particulier à la nidification au sol...sont sous la menace des machines agricoles.

On pourrait encore ajouter l'urbanisation parfois anarchique sur et à proximité de zones fragiles commes les cordons dunaires...ou la pression touristique sur certaines zones comme les plages qui servaient d'antan de reposoir voire de site de nidification aux sternes et autres laridés.

Pour terminer ce propos sur un ton plus réjouissant, il convient toutefois de constater de ce qu'après de trop longues années de laisser-faire, une vague de contestation des pratiques néfastes et de mise en oeuvre d'actions correctrices et réparatrices se gonfle chaque jour un peu plus.
Il est important de se dire que chaque action positive, aussi petite et localisée soit-elle, fait partie d'un même mouvement d'ensemble qui tente de passer au dessus des tentations de profits individuels pour travailler à restaurer autant que faire se peut notre bien commun à tous : la Nature. Car comme le dit si bien la maxime : "Nous empruntons la terre à nos enfants".

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